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Olivier Mandon répond aux questions de Diet Infos
Comment avez-vous découvert le milieu des médecines naturelles et des produits diététiques ? A mes sept ans, mon père a eu de graves problèmes de santé qui l’ont amené à rencontrer Henri-Charles Geffroy, le fondateur de « La vie claire ».
Ce dernier lui a suggéré de changer à la fois de médecine et d'alimentation. Convaincu, mon père s'y est mis assidûment et a retrouvé la santé. C'est ce qui l'a incité, en 1979, à créer un magasin bio à l'enseigne de « La vie claire ». Je me suis passionné pour cet univers, consacrant le mercredi après-midi et le samedi à aider mes parents à la boutique, et j'ai finalement compris que ma vocation était là.
En 1996, Pierre Seigneur et Pierre Dorangeon, fondateurs des laboratoires « St Benoît », sont venus me débaucher du magasin d'Antony pour me proposer un poste de VRP dans la région Nord et la région parisienne. D'années en années, les laboratoires St Benoît se sont développés pour devenir les « laboratoires St Benoît Heuprophax ». Puis on m'a proposé un poste de directeur régional. En 1998, les laboratoires Phytosun Arom et Aqualab nous rejoignaient. Un an plus tard c'était au tour des sociétés Redon et La Courtisane. C'est à ce moment que j'ai été promu chef des ventes, devenant directeur commercial d'un laboratoire qui prit finalement le nom de Cosmédiet, évolution logique d'un parcours à la fois familial, personnel et passionnel. Mais cette passion n'a pu se développer que parce que nous vendons quelque chose de vrai, c'est-à-dire allant au-delà de la démarche marketing ; et d'autant que cette implication reste liée à l'intention de faire évoluer l'envergure écologique, aussi bien à travers Cosmédiet que dans mon rôle d'élu pour Villefranche.
Aujourd'hui, comment la société Cosmédiet est-elle perçue par les boutiques bio et les consommateurs ?
Au niveau du marché bio, on apparaît certainement comme un très gros faiseur. Cosmédiet est une entreprise générant un chiffre d'affaire moyen de douze millions d'Euros, et qui dispose d'une équipe de quatorze personnes présentes constamment sur le terrain, c'est à dire dans la plupart des magasins bio français. Cela dit, il faut bien comprendre qu'on est un groupement de « petits », dans la mesure où nous avons fait en sorte de sauver les sociétés et les marques qui n'ont pas su s'adapter à la longue et pénible avancée du marché de la bio, des médecines naturelles et de l'écologie en France. Si nous sommes aujourd'hui leader dans le domaine de la diet, je ne pense pas que ce soit le fruit du hasard. C'est avant tout le résultat d'un gros travail au plan de la qualité des produits et d'un service adapté à la demande.
Pensez-vous que la large diffusion des produits de santé et d'alimentation naturels pourrait à présent être perçue par le public « initial » comme une nouvelle forme d'industrialisation ?
Si ça gêne certains de se dire « on voit de la bio partout », je pense que c'est tout de même une victoire pour l'être humain et pour la planète... même si je comprends, par ailleurs, que la perte de son caractère artisanal soit attristante pour certains. Mais si la bio est plus industrielle, elle se met aussi à la portée de beaucoup plus de monde. Une véritable culture biologique n'est-elle pas indispensable à l'échelle mondiale ?

Quelles sont vos règles en matière de conditionnement en laboratoire ? Elles sont pratiquement identiques à celles utilisées en pharmacie. Bien sûr, il ne s'agit pas tout à fait de la norme pharmaceutique mais on respecte certaines règles de qualité comme la norme HEBBD, par exemple, qui implique au moins sept contrôles. Ce n'est ni un label ni une norme extérieure, c'est un processus que l'on s'est imposé en l'absence de réglementation en la matière. Si les labels « AB » ou « Bio » constituent déjà une garantie de qualité pour la plupart, nous cherchons quand même à aller plus loin, en faisant toutes les vérifications que nous jugeons nécessaires afin que nos produits soient parfaitement fiables. Notre souci a toujours été de conserver le savoir-faire des anciens, afin de l'appliquer au monde moderne ; l'élixir du Suédois étant un exemple vivant de cet élan.
Que pensez-vous des étiquettes qui figurent sur la plupart des produits bio ? Croyez-vous qu'il y ait encore une part de désinformation ?
Aujourd'hui les choses sont claires. ECOCERT a largement travaillé en ce sens. Il est vrai qu'au début, jusqu'à une époque qui n'est pas si lointaine, c'était encore ambigu. Maintenant, avec le label « Bio » on dispose du pourcentage de composants biologiques. Et je peux vous assurer, en tant que fabricant de produits naturels, que les contrôles ECOCERT sont extrêmement rigoureux. Leur analyse va des factures, en passant par les fournisseurs de plantes, jusqu'au produit fini. C'est assurément un processus très difficile à gérer pour une entreprise ; et Cosmédiet emploie quelqu'un à plein temps pour se consacrer à cela. En résumé, il est évident qu'une marque disposant d'un label « AB », ayant été enregistré via ECOCERT, met sur le marché des produits que l'on peut considérer comme très sérieux.
Pourquoi avoir choisi le nom de Cosmédiet ? Est-ce pour relier la dimension cosmétique à la dimension diététique ?
Il est un fait qu'à l'origine on avait plutôt un axe diététique correspondant aux boutiques où l'on ne distribuait que des aliments sans sel et sans sucre. Etant déjà présents dans ce contexte, nous avons attentivement suivi l'évolution de ces magasins. Lorsqu'ils se sont rendus compte que la demande était croissante, ils se sont diversifiés jusqu'à devenir de petites supérettes bio proposant également des savons, des huiles essentielles, des shampoings et des produits de beauté. C'est ainsi que nous avons pu élargir notre gamme diététique à un ensemble de produits de santé et de cosmétiques naturels.
A votre avis est-ce que les Français ont vraiment décidé de modifier leur manière de s'alimenter ?
Oui, je crois qu'ils ont complètement changé de manière de consommer. Avant, on mangeait pour le plaisir de manger, rejoignant l'esprit du film « La grande bouffe ». Aujourd'hui, je pense qu'on s'est rendu compte que l'alimentation ainsi que la complémentation sont fondamentalement liées à la santé et au bien-être.
Photos et entretien recueillis par Nicolas Send |